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PART-DIEU/ Lyon teste ses futurs aménagements en grandeur nature

Rhône le 26 septembre 2017 - Séverine Renard - Rhône

PART-DIEU/ Lyon teste ses futurs aménagements en grandeur nature
DR - La table d'expérimentation analyse le comportement de douze matériaux contre les îlots de chaleur en ville

En amont des travaux à réaliser place de Francfort et place Béraudier dans le cadre du projet Part- Dieu, les acteurs ont décidé de construire un site d'essais pour évaluer les matériaux et les détails de mise en oeuvre des revêtements de sol et des plantations.

C’est une expérimentation inédite qui se déroule à la Part-Dieu. Dans le cadre du projet de réaménagement du quartier d’affaires, la SPL Lyon Part-Dieu et ses partenaires ont souhaité tester différents types de matériaux et différentes solutions avant leur mise en oeuvre. Cette démarche innovante doit permettre de guider les choix des revêtements de sol ou des plantations des futurs espaces publics. « Cet espace est un véritable outil d’aide à la décision. Après la phase d’expérimentation, nous tirerons des enseignements qui nous permettront de mieux aménager le quartier de la Part-Dieu, mais aussi d’autres quartiers », souligne Michel Le Faou, vice-président de la Métropole de Lyon en charge de l’Urbanisme et du renouvellement urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie. Ce site d’expérimentation, situé rue Bouchut à côté du centre commercial, s’étend sur une superficie de 500 m2 et fonctionne depuis le printemps dernier.

« Nous allons connaître de plus en plus souvent des périodes de canicule et nous devons nous y préparer. Il faut trouver des solutions pour réduire ces îlots de chaleur et continuer d’offrir aux habitants une ville agréable à vivre » 

L’une des préoccupations principales des pouvoirs publics consiste à mieux lutter contre le phénomène d’îlots de chaleur dans les villes. « Nous allons connaître de plus en plus souvent des périodes de canicule et nous devons nous y préparer. Il faut trouver des solutions pour réduire ces îlots de chaleur et continuer d’offrir aux habitants une ville agréable à vivre », affirme Michel Le Faou.

Il est aujourd’hui avéré que les températures dans les centres urbains sont bien plus élevées que dans les zones péri-urbaines, en raison principalement de leur forte minéralisation. La solution pourrait être de mieux comprendre et utiliser le phénomène d’albédo, à savoir le pouvoir réfléchissant d’une surface. C’est pourquoi une table d’expérimentation pour tester douze matériaux de sol, dont six matériaux dits à albédo variable, a été installée sur le site.

Des dizaines de capteurs, sondes et autres appareils de mesure analysent les caractéristiques d’absorption ou de réflexion de la chaleur et de la lumière en fonction de la saison. « Selon les matériaux, l’écart de température au niveau du sol peut atteindre 20°C. Le bitume monte par exemple jusqu’à 65°C, alors que le granit est plus intéressant car sa température en surface est inférieure à 50°C », explique Guillaume Meunier, responsable du pôle modélisations et écologies urbaines de la société Elioth.

Les tests en cours évaluent également l’impact de différentes mises en oeuvre. « En changeant la couleur d’un matériau ou en jouant sur l’angle solaire avec un système de crénelage, nous constatons aussi de vrais écarts de température », fait savoir Guillaume Meunier. Un béton recouvert d’une couche plastique, un béton peint en blanc ou encore un système de vagues font ainsi partie des expérimentations.

Si, à court et moyen termes, le but n’est pas d’imaginer un matériau révolutionnaire, le projet devrait permettre d’opter pour les matériaux et la mise en oeuvre les plus performants. « Les données recueillies pendant six mois, à petite échelle, permettront de faire des extrapolations et d’orienter nos choix avant l’exécution des travaux », indique le responsable du pôle modélisations et écologies urbaines d’Elioth.

À côté de la table d’expérimentation des matériaux, un autre dispositif propose deux planches d’essai grandeur nature. Sur cet espace, plusieurs options pour les aménagements de la place de Francfort et de la place Béraudier ont été créées. Les essences et la densité des plantations, l’inclinaison des sols, l’infiltration des eaux pluviales, les joints entre les pavés font l’objet d’une attention toute particulière. « Les différentes configurations permettent d’évaluer la rugosité des matériaux, la perméabilité des sols, les types de joints afin d’apporter un plus grand confort d’usage au public, mais aussi de préserver l’environnement », met en avant Michel Le Faou.

La façon de poser les dalles de granit et le choix de joints lisses ou plus creux ont, par exemple, une répercussion sur l’infiltration naturelle des eaux pluviales. Une manière d’irriguer les arbres et de réduire les îlots de chaleur en humidifiant les sous-sols. Un vrai cercle vertueux. Dans cet espace, les quatre essences d’arbres qui seront plantées à la Part-Dieu sont également présentes : gingko biloba, poiriers de Chine, gleditsia et cèdres.


Les arbres seront irrigués naturellement par les eaux pluviales. Les tests portent notamment sur la pose des dalles de granit et les joints pour favoriser une absorption maximale

Les plantations ont été réalisées selon deux procédés. « Certains arbres ont été plantés en pleine terre. Ce procédé sera privilégié dans les espaces publics, où aucune activité n’a été développée en sous-sol. D’autres arbres ont été plantés dans des sortes de fosses en plastique. Ce type d’installation sera mis en oeuvre pour des places ou des rues sous lesquelles des parkings ont été construits », détaille François Decoster, architecte-urbaniste de l’agence l’AUC.


« Cet espace est un véritable outil d’aide à la décision. Après la phase d’expérimentation, nous tirerons des enseignements qui nous permettront de mieux aménager le quartier de la Part-Dieu, mais aussi d’autres quartiers»

À l’heure où les contraintes budgétaires des collectivités sont de plus en plus fortes, cet essai permet aussi d’optimiser les données économiques des aménagements proposés. Les coûts de mise en oeuvre, gestion, entretien et réparation peuvent être évalués au plus juste. Pour s’assurer de la qualité d’usage des installations, des visites ont été organisées sur site avec les habitants et salariés du quartier, mais aussi avec les associations de personnes à mobilité réduite. Ces ateliers de concertation sont l’occasion de vérifier que le dénivelé retenu ne complique pas le déplacement d’une personne en fauteuil roulant ou que l’écart entre les pavés n’accentue pas le risque de chute. « Nous intégrons les remarques », certifie Michel Le Faou.

Une expérimentation financée par le programme Ecocité

Le projet, sous maîtrise d’ouvrage de la SPL Lyon Part-Dieu, est géré par un groupement de maîtrise d’oeuvre composé de L’AUC, Elioth, Egis Villes et Transports, Bureau BAS SMETS, l’agence ON, Citec, Encore, No Design et Eléments Ingénieries. Qualiconsult est coordinateur CSPS et bureau de contrôle technique. Les entreprises parties prenantes de l’expérimentation sont Maïa Sonnier, Green Style, Roger Martin Lyon, C2AI et Sols Confl uence. D’un coût de 350 000 €, le site d’expérimentation est fi nancé à hauteur de 30 % dans le cadre du programme Ecocité. Lyon Part-Dieu a en eff et été choisi comme site démonstrateur de la stratégie d’adaptation de la Métropole de Lyon face aux changements climatiques.

SITE D’EXPÉRIMENTATION DES ESPACES PUBLICS DE LA PART-DIEU

500 m2 de terrain 1 table d’expérimentation 12 matériaux de sol testés 2 planches d’essais grandeur nature 350 000 € de budget, financé à hauteur de 30 % par le programme Ecocité 60 capteurs environ 12 mois de tests au maximum entre mai 2017 et mai 2018





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