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Olympiades des métiers : un tapis rouge pour la filière professionnelle

le 18 avril 2017 - Agnès Giraud-Passot

Olympiades des métiers : un tapis rouge pour la filière professionnelle
DR - Mohamed Ouali pendant l'épreuve de miroiterie

La 44e édition des Olympiades des Métiers qui s'est déroulée à Bordeaux du 9 au 11 mars, a réuni 630 jeunes de moins de 23 ans représentant 61 métiers. La région Auvergne-Rhône-Alpes a été brillamment représentée avec de futurs professionnels qui ont démontré leur talent et leurs compétences en décrochant 23 médailles.

En France, les métiers et les formations professionnelles sont toujours à la recherche de la considération et de la valorisation qu’ils méritent. Pourtant les parcours exemplaires sont nombreux et prouvent que la filière professionnelle peut être synonyme de réussite et d’épanouissement personnel. Bien déterminés à le démontrer, 7 000 jeunes étaient inscrits aux sélections régionales organisées partout en France, à l’issue desquelles 630 d’entre eux se sont qualifiés pour les finales nationales des 44e Olympiades des Métiers à Bordeaux. Au cours de ces épreuves, les compétiteurs devaient réaliser des ouvrages concentrant les difficultés techniques de chaque métier, dans des conditions de travail proches de la réalité de l’entreprise, tout en respectant des contraintes de délais et de coûts, une utilisation optimale des matériaux et une démarche éco-responsable. La précision, rapidité d’exécution, la créativité, la sécurité au travail ou encore la gestion du stress furent autant de qualités prises en compte par les jurés pour déterminer un classement officiel. Le secteur du du bâtiment et des travaux publics était représenté au travers de 14 métiers différents, avec un nouveau venu cette année, celui de la construction béton armé. Des jeunes de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui ont participé avec talent et conviction, témoignent.

Apprenti au CFA de Montalieu-Vercieu dans l’Isère, Franck Torsiello s’apprête à passer un brevet professionnel de tailleur de pierre, un métier que le jeune passionné d’archéologie a découvert en visitant les monuments historiques. A 19 ans, il a participé, pour la deuxième fois aux Olympiades, avec une certaine sérénité. « Aux Olympiades, il faut faire le moins d’erreurs possibles et savoir les contourner pour poursuivre. On ne sait pas forcément tout faire car bien-sûr on manque d’expérience. C’est en essayant qu’on y arrive. C’est un concours qui donne envie de revenir et de se remettre en compétition. C’est une bonne mise en situation pour se donner à fond, à 200 %, ça montre ce qu’on sait faire, ça incite à persévérer et à ne jamais abandonner. Nous étions treize candidats et pour moi, ce fut une belle surprise d’avoir la médaille d’excellence. »

Après un CAP maçonnerie au lycée du Nivolet à la Ravoire près de Chambéry, Mohamed Ouaali poursuit par un bac pro en miroiterie. Encouragé par son professeur, il tente les Olympiades. « J’ai terminé premier aux régionales sans connaître la suite des événements, alors je me suis entrainé pour préparer la fi nale. On devait fabriquer une lampe avec des leds multicolores et réaliser un ouvrage dont le symbole était une bouteille de Bordeaux. Pendant deux mois, je me suis exercé, sachant que les plans ne seraient pas exactement les mêmes le grand jour. Il fallait être prêt à tout, car à Bordeaux ce serait la réalité, le vrai ! Durant deux jours et demi, vingt heures au total, il fallait rester concentré, ne pas craquer pour avancer sur le projet et aller au bout de la compétition. Et surtout pas de stress car le travail du verre exige d’être minutieux et précis. J’ai essayé d’être à l’aise. C’était intense et diffi cile mais tellement merveilleux ! Les Olympiades m’ont montré que je pouvais faire des choses intéressantes dans la vie. Ça m’a emmené loin. Ça m’a conforté dans le choix de ce métier, qui n’est pas très connu. C’était formidable car c’était la première fois que les handicapés participaient et c’était également une première médaille pour la région Auvergne-Rhône-Alpes dans cette catégorie. Cette compétition doit être connue car elle peut aider les jeunes dans leur parcours et promouvoir des métiers. »

Employé dans l’entreprise familiale de finitions d’intérieur à Sainte-Foy-lès- Lyon, Etienne Pollet s’est entrainé de pied ferme pour les Olympiades de Bordeaux. « Sur les quatre épreuves proposées, trois portaient sur la technique d’incrustation dans du PVC, de la moquette et du linoléum et une autre sur la rapidité de pose de sol. Avant de commencer, il y avait beaucoup de pression. Mais j’ai réussi à relativiser et à bien gérer. Le soir, après une journée très intense, on allait décompresser ensemble. J’ai pu terminer tout le travail, j’étais content. Je me suis vraiment donné à fond. Je suis déçu par cette quatrième place mais je trouve que c’était une belle expérience pour faire des rencontres humaines et pour faire découvrir le métier de solier assez peu connu. Et puis, cette récompense glorifi e le nom de mon entreprise. Si je le peux, je participerai de nouveau aux Olympiades, ça m’a donné la niaque ! »

Rémi Boire s’est inscrit aux finales régionales des Olympiades un peu par hasard. Il est apprenti au CFA de Bellerives-sur-Allier et s’est qualifié pour les épreuves nationales. « Je me suis entrainé au lycée après les cours sur une petite maquette en bois. J’ai beaucoup étudié le sujet et j’avais une bonne connaissance théorique. Mon travail en entreprise m’a également aidé. Je n’ai donc pas eu de mauvaise surprise même si on a dû improviser certains points comme la programmation et le câblage. L’objectif était de réaliser une installation électrique complète. J’ai gardé mon sang froid. Sans fausse modestie, je ne m’attendais pas du tout à la troisième place. C’est une superbe expérience qui apporte des émotions, du stress. C’est une compétition qui permet de voir notre marge de progression. C’est tellement différent de l’école, parfois un peu dur mais très costaud pour le mental. On en sort grandi, renforcé. Ce sont aussi des moments très forts de cohésion d’équipe avec une solidarité entre tous les participants d’une même région. Et puis cette médaille, c’est une jolie ligne sur le CV. Maintenant, je peux aller chercher du travail en disant « J’aime mon métier et j’ai une distinction qui le prouve. »

LES CHIFFRES


44è édition des Olympiades des Métiers
630 jeunes de moins de 23 ans
61 métiers
23 médailles
7 000 jeunes aux sélections régionales
630 qualifiés pour les finales



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