Fermer la publicité

Jean-Luc Butaud : « PayByPhone ? Nous avons été mis devant le fait accompli »

Rhône le 23 février 2017 - Charlotte ROBERT - CAPEB

Jean-Luc Butaud : « PayByPhone ? Nous avons été mis devant le fait accompli »

Le système Piaf, qui facilitait le stationnement pour les artisans du bâtiment, est à présent révolu, remplacé par PayByPhone. Jean-Luc Butaud qui, associé à son frère Jean-Charles, dirige la société familiale de plomberie, chauffage-climatisation et couverture zinguerie à Lyon 8e / Vénissieux, entend bien faire valoir son mécontentement.

Adhérent à la Capeb du Rhône, vous avez participé à la mise en place du système Piaf en 2013. Racontez-nous...

La réflexion remonte à près d'une décennie, lorsque nous tentions de lutter contre les entreprises de dépannage d’urgence qui escroquaient les personnes âgées. En cherchant la cause, nous nous sommes aperçus que les artisans ne se déplaçaient plus en ville, car il était trop difficile de se garer et que cela coûtait cher. Les professionnels se sont progressivement écartés du centre, laissant la place à des entreprises opportunistes qui ont profité de l'absence de main-d’œuvre pour gonfler les prix et bâcler le travail. En résulte une sévère dégradation du patrimoine : je n'ai jamais vu autant de fuites, de planchers qui s’effondrent, de cheminées qui menacent de tomber...

Qu'avez-vous proposé ?

Les grosses sociétés pouvaient réserver des places de stationnement pour leurs techniciens, alors que rien n'était prévu pour les petites interventions. Nous avons donc engagé la discussion avec la Ville de Lyon pour trouver des solutions. Les négociations ont duré 6 ans ! Tout ceci a tout de même fini par déboucher sur l'ébauche d'un système pertinent : le Piaf. Acteur engagé dans le processus, la Capeb s'est occupé de tout. Au départ, il n'y avait que quelques corps de métiers concernés (plomberie, chauffage, serrurerie, vitrerie, électricité), mais nous avons bientôt étendu le système à toutes les entreprises du Grand Lyon.

Concrètement, quels avantages offrait le Piaf ?

Nous disposions d'un petit boîtier embarqué par véhicule, sur lequel on indiquait la zone où l’on se garait. À raison de 20 € tous les deux ans et 20 € pour notre véhicule, nous pouvions bénéficier d'une demi-heure gratuite sur n'importe quel emplacement, puis d'un tarif préférentiel pour le reste du stationnement, jusqu'à 4 h. Nous étions ensuite prélevés sur notre compte, par virement. À terme, environ 180 Piaf étaient en circulation. Le principe nous allait bien : il était simple, performant... Il satisfaisait tout le monde et, surtout, nous facilitait la vie !

Pourquoi ce système a-t-il brusquement pris fin en décembre 2016 ?

C'est une bonne question ! En juillet dernier, du jour au lendemain, la Ville de Lyon nous a averti qu’à partir de décembre, le Piaf cesserait de fonctionner au profit de PayByPhone. Tout en nous présentant ce nouveau système comme un privilège, avec une heure gratuite au lieu d’1/2 h et un tarif encore plus préférentiel. Mais personne ne voulait nous parler du coût, et pour cause : 240 € par an et par voiture ! Hors de question, lorsque l'on pense que je payais environ 350 € de stationnement annuel pour mes sept véhicules...

Avez-vous pu faire entendre vos revendications ?

On a essayé d’avoir des réponses, on a fait des courriers, restés lettres mortes... Que le système évolue avec l'émergence de nouveaux outils, on n'est pas contre. Mais ce qui nous gêne, c'est que l'on nous a fait croire que tout ceci était négocié. C'est faux, on a été mis devant le fait accompli. Cerise sur le gâteau, nos crédits restants sur le Piaf n'ont jamais été remboursés. On se retrouve avec un système étendu aux particuliers et à l'ensemble du département du Rhône, alors que l'on sait que les artisans excentrés ne viennent pas travailler en ville. Sincèrement, nous avons l’impression d'avoir payé la mise en place de cette application.

Que faire ? Continuer la lutte ?

On va poursuivre les discussions. J'essaie de convaincre la Ville de nous considérer comme des résidents, en payant un forfait de 60 € par an, ce qui me semble équitable. Mais il ne faut pas se faire d’illusions. À la sortie, je vais faire comme les autres : je vais arrêter d'aller travailler en ville et laisser ma place aux opportunistes. Le plus triste dans l'histoire, c'est que ce sont les clients qui en subiront les conséquences.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide