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Gaëlanne Taillieu-Pividal : « Montrer qu'on est en mesure de faire aussi bien que les hommes »

le 08 mars 2017 - Charlotte ROBERT - Rhône

Gaëlanne Taillieu-Pividal : « Montrer qu'on est en mesure de faire aussi bien que les hommes »
© BTP Rhône et Métropole

À la tête depuis 10 ans de l'entreprise familiale, qu'elle dirige avec son frère jumeau, Gaëlanne Taillieu-Pividal estime que les femmes ont désormais trouvé leur place dans les métiers du Bâtiment.

Au moment de fêter vos 10 ans aux commandes de la société créée par votre père à Givors, en 1976, quel regard jetez-vous sur votre parcours ?

J’ai en effet rejoint mon frère en 2007, lorsque mon père a décidé de prendre sa retraite. Ce n’était pas spécialement programmé, même si nous avions déjà envisagé cette éventualité avec mon frère jumeau lorsque nous étions enfants. Avant cela, j’avais décroché un BTS de gestion et j’avais commencé une carrière dans l’univers de la grande distribution.

Que fait la société Pividal et quel est votre rôle ?

Nous sommes spécialisés dans l’électricité industrielle et tertiaire, la climatisation, les automatismes industriels et les automatismes de portail. Notre clientèle est dans une immense majorité constituée de professionnels. Avec mon frère, nous sommes dirigeants associés à 50 / 50 et je suis plus spécifiquement en charge de la gestion et de l’organisation de l’entreprise. La société Pividal emploie une vingtaine de salariés, ce qui représente à nos yeux la bonne taille. Nous n’envisageons pas de grossir à l’avenir.

Être une femme dans le bâtiment, n’est-ce pas plus difficile que dans d’autres métiers ?

Non, je ne crois pas. Mais il faut effectivement plus de temps à une femme qu’à un homme pour s’intégrer et se faire reconnaître. Dans cet univers professionnel, les gens ont souvent le sentiment qu’une femme ne peut pas s’adapter à des sujets techniques. Il faut donc passer outre le regard des autres et montrer que l’on est en mesure de faire aussi bien que les hommes. Pour ma part, je me suis efforcée d’aller sur le terrain pour accompagner nos collaborateurs, bien que je n’aie pas de formation initiale technique. Ensuite, j’ai suivi une formation en climatisation. C’est important vis-à-vis de nos interlocuteurs, mais aussi vis-à-vis de nos salariés.

Que faudrait-il faire pour encourager l’entrepreneuriat féminin dans le bâtiment ?

Pour commencer, il faut partir du principe qu’une femme peut être dirigeante d’une entreprise du BTP, même sans être une technicienne. La maîtrise technique est effectivement indispensable pour qu’une entreprise réponde aux attentes de ses clients, mais il faut également une bonne gestion et une organisation à la hauteur. Je suis convaincue que le succès de l’entreprise repose sur cet équilibre et sur la prise en compte de tous les éléments, techniques et administratifs.

Au-delà de votre cas personnel, n’avez-vous pas le sentiment que la place des femmes est insuffisante dans les métiers du bâtiment ?

Si, mais je pense que les choses sont en train de changer. Cependant il faudra du temps pour faire entrer les femmes plus largement dans nos entreprises. Cela me ramène d’ailleurs à ma propre expérience, puisque j’avais envie, dès la fin de ma classe de troisième, de suivre une formation en électricité. Malheureusement, les enseignants m’avaient découragée d’aller plus loin. C’est aussi cela qu’il faut modifier à l’avenir.

Nouvelle présidente du Groupe Femmes dirigeantes de BTP Rhône et Métropole

Comme l’a souhaité Samuel Minot, le nouveau président de BTP Rhône et Métropole, Gaëlanne Taillieu-Pividal succède à Céline Peleszezak à la présidence départementale du Groupe Femmes dirigeantes. Membre du Groupe depuis 2008, vice-présidente depuis 2010, elle a pris ses nouvelles fonctions en janvier dernier. Si elle ne compte pas changer les « fondamentaux » du Groupe (poursuivant par exemple la programmation régulière de réunions sur des sujets d’actualité), la nouvelle présidente souhaite néanmoins encourager le co-développement. « L’idée, c’est de progresser ensemble en bénéficiant des retours d’expérience des unes et des autres. Au début de chaque réunion, celle d’entre nous qui aura affronté récemment une problématique nouvelle expliquera comment elle a trouvé des solutions… Nous profiterons alors toutes de ce vécu ! »





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