Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

Cofely : immersion au cœur du centre de supervision de sites industriels d'Engie

le - - Rhône

Cofely : immersion au cœur du centre de supervision de sites industriels d'Engie
Bernard Sayve, responsable technique et David Brunner, directeur industriel, évaluent les données

Depuis un an, Engie Cofely Sud-Est expérimente un centre de co-pilotage énergétique de sites industriels. Une première lyonnaise qui sera prochainement dupliquée sur l'ensemble du territoire. Plongée au cœur du système.

Yssingeaux, lundi 6 mars. La tempête Zeus est virulente dans le secteur. À tel point qu'elle dégrade une partie du toit de la chaufferie municipale. Quasi-instantanément, ses divers capteurs s'activent, signalant un incident et déclenchant un processus rodé. À Lyon, dans les couloirs de la direction réseaux de chaleurs urbains et utilités industrielles d'Engie Cofely (gestionnaire du réseau de chauffage de la commune de Haute-Loire), une cellule de crise est immédiatement mobilisée : direction le centre de co-pilotage énergétique.
Cette petite salle d'une vingtaine de mètres carrés, équipée de dizaines d'écrans, permet de superviser et co-piloter à distance les réseaux de chauffage urbain pour les collectivités, mais aussi les gros sites industriels (type usines).
Depuis Lyon, la direction supervise ainsi 15 sites « de gamme intermédiaire », de la chaufferie bois d'Aubenas à la centrale géothermie marine Thassalia de Marseille, en passant par la chaufferie multi-énergies de Firminy, la production de multi-fluides au sein du Centre d'énergie atomique (CEA) de Grenoble, la chaufferie bois de Clermont-Ferrand, la valorisation de l'énergie issue d'une usine d'incinération de Rillieux-la-Pape, le site industriel de Sochaux ou encore la fameuse chaufferie d'Yssingeaux. Les très grands réseaux (Vaulx-en-Velin ou Chambéry par exemple) sont gérés au niveau national, tandis que les réseaux plus modestes sont directement gérés par les agences de terrain.

Une initiative lyonnaise

Cette salle est née en 2015 d'une initiative locale. « Dans le cadre de notre délégation de service public, il nous manquait une couche supplémentaire pour aider nos clients à exploiter au mieux leur équipement », explique David Brunner, directeur industriel au sein de cette nouvelle division dédiée à la production de la distribution d'énergie, à laquelle est rattachée cette salle d'un nouveau genre. « À partir de l'identification de ce besoin, nous avons eu l'idée de mettre en place un système de supervision. Il ne s'agit pas de contrôler à la place des agents sur place mais bien de piloter le réseau ensemble, grâce à une série d'indicateurs, pour mesurer, analyser et optimiser les productions et les consommations d'énergie en temps réel », insiste-t-il. Car jusqu'ici, le pilotage s'effectuait sur la base du consommé, avec des difficultés pour anticiper l'avenir ou des surconsommations inutiles. « Prenez l'exemple du bois : pour alimenter la chaufferie d'Yssingeaux, il faut en moyenne, et selon la météo, entre 7 et 9 camions et 90 m3 de bois par semaine. Avec les données que nous pouvons exploiter, le gestionnaire sait exactement à quel moment il doit déclencher le processus de commande pour éviter la rupture de stock et l'obligation de solliciter une autre énergie, moins économique », explique Bernard Sayve, responsable technique. Car l'objectif final reste toujours d'optimiser le rendement des équipements, aux énergies obligatoirement couplées (gaz + bois, gaz + géothermie…), et de limiter la consommation de gaz. « Nous accompagnons la transformation énergétique de nos clients, c'est le sens de notre approche », poursuit le directeur de l'industrie. Fort de ses résultats, ce modèle d'organisation et de gestion des réseaux sera déployé sur les cinq autres délégations régionales du groupe d'ici la fin de l'année.

Îlots interconnectés

Cette vision régionale du système à distance permet également de multiplier les sources d'expérience pour la maintenance des systèmes. Ces réseaux, qui a priori n'ont rien en commun, deviennent de véritables « îlots interconnectés », alimentant, au quotidien, une banque de donnée collective du savoir. « En partageant l'expérience et la compétence de nos équipes, le sachant, celui qui a déjà été confronté à un problème, apporte son savoir-faire au reste du groupe », souligne David Brunner. Chaque semaine, un superviseur interroge à tour de rôle l'ensemble des sites, y compris ceux qui ne sont pas sous sa responsabilité directe. « Ce regard extérieur permet une analyse plus fine des sites et de l'activité de chacun », estime Emilie Patin, ingénieur efficacité énergétique, qui supervise à tour de rôle l'ensemble du réseau. Résultats : depuis un an d'expérimentation et d'exploitation des réseaux par ce système, le gestionnaire a réussi à faire augmenter de 10 % la part biomasse sur le site d'Annemasse, prioriser et maximiser l'apport de l'énergie fournie par l'usine de Rillieux-la-Pape et optimiser l'utilisation des équipements à Aix-en-Provence. « Soit 5 000 tonnes de CO2 évitées et un léger gain de marge commerciale », se satisfait David Brunner.
Un nouvel outil qui pèse désormais face à la concurrence : la délégation régionale vient de remporter l'exploitation du réseau d'Aurillac (mise en service à l’automne 2019 après-travaux) et de se positionner sur un appel d'offre de la Métropole de Lyon (résultats dans les prochaines semaines). En attendant, elle intégrera au système, à l'automne 2017, le nouveau réseau de Mâcon (financement, création et exploitation d’une chaufferie biomasse et d’un réseau de chaleur).

Un logiciel maison

Engie Cofely a investi 50 000 € dans l'équipement de la salle. Le logiciel, qui permet de superviser le réseau, a été développé par les équipes de R&D internes. Il a nécessité l'analyse de plusieurs milliers de données issues, via des capteurs, des 15 sites exploités (soit 1 600 données par minute pendant 18 mois). Une fois l'ensemble des données récoltées, le logiciel a modélisé un certain nombre d'indicateurs (ex : puissance du réseau) sur la base de codes couleurs, lisibles par tous, nécessaires à l'exploitation du réseau. En fonction des alertes, il préconise ainsi des actions à mener (ouvrir telle ou telle chaudière, ajuster le stock de bois). Le logiciel délivre également des outils de prédiction et de gestion : carte de production du réseau, comparatif entre les coûts de production de chaque énergie, tous les sites exploités fonctionnant grâce aux énergies renouvelables et de récupération (biomasse, bois, chaleur fatale, biogaz, géothermie, cogénération, gaz naturel), part de chaque énergie dans le réseau, incidents sur une période donnée… Autant de mesures destinées à aider les responsables de site – qui ont également un accès direct aux données – à les piloter. Il s'agit de passer d'une gestion de bilan à une gestion d'anticipation.





Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Journal du Bâtiment Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide