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Chambon en Isère : le bout du tunnel en décembre

Isère le 19 mai 2016 - Caroline Thermoz-Liaudy - Isère

Chambon en Isère : le bout du tunnel en décembre

Depuis le mois d'avril 2015 et la fermeture du tunnel du Grand-Chambon, le Département et l'Etat ont fait front commun pour tenter de remédier dans les meilleurs délais à la coupure entre la montagne et la vallée. Résultat : le nouveau tunnel ouvrira dès le mois de décembre.

On ne rappellera pas tous les faits, simplement que suite à l’effondrement du tunnel il y a 13 mois, les différents services de l’Etat, de la Région et du Département ont été très réactifs et très généreux. Afin de ne pas isoler complètement et trop longtemps les villages de montagne de la vallée, une piste de secours goudronnée a été créée, et des fonds ont été débloqués pour les travaux, la communication touristique et l’aide aux professionnels.


Mais toutes ces actions ne pouvaient être que provisoires, car elles n’ont pas suffi à sauver la saison touristique, poumon économique de l’Oisans et de la Romanche. Afin de rétablir une liaison pérenne entre l’Isère et les Hautes-Alpes un tunnel de dérivation est donc en train d’être creusé, reliant sous la falaise les entrées du petit et du grand tunnels du Chambon. De novembre 2015 à avril dernier, les travaux de sécurisation ont eu lieu afin de prévenir les risques d’éboulement à la tête amont du tunnel. Et depuis le 9 mai, le percement a débuté. Il se fait à l’explosif à raison de deux tirs par jours, six jours par semaine. Afin de préserver la prochaine saison hivernale, le Département et la société Eiffage, en charge des travaux, garantissent une ouverture temporaire de la galerie en décembre 2016. Puis, une seconde période de travaux permettra les finitions et la création de la voie d’évacuation. Une seconde ouverture temporaire aura lieu entre juillet et août 2017 (avec poursuite des travaux de nuit), pour une ouverture définitive en décembre 2017.
Vers la reconnaissance des spécificités montagneuses

Après Manuel Valls en juillet dernier, c’est cette fois le ministre de l’Aménagement du Territoire Jean-Michel Baylet qui est venu renouveler le soutien de l’Etat (6,1 M€). « La solidarité, il ne suffit pas de la proclamer et je salue la manière dont tous les acteurs ont pris les choses en main. Quand il y a la volonté politique, on peut renverser des montagnes. Je vais d’ailleurs bientôt déposer un texte qui sera débattu au parlement en octobre, pour la reconnaissance des spécificités des terrains de montagne. »
Le soutien de l’Etat est aussi venu du préfet de l’Isère, Jean-Paul Bonnetain, très souvent remercié par les différents acteurs des différentes instances, pour avoir facilité les démarches, et fluidifié les obligations administratives.
Les collectifs d’habitants en veulent plus

La visite des élus a aussi été l’occasion de rencontrer les collectifs d’habitants et de professionnels. « Nous avons conscience de votre action et que le travail est fait, mais d’ici il n’y a aucune perspective. Cela fait déjà 13 mois que l’on attend et on nous dit d’attendre encore 6 mois, alors que les entreprises vont mal, et que l’hôtellerie-restauration enregistre jusqu’à 40% de perte. Ce que nous voulons, c’est que les panneaux lumineux après Vizille arrêtent d’indiquer que la route est fermée. Les gens ne vont pas faire un détour de quatre heures alors que la piste de secours est ouverte et qu’ils pourraient arriver en 45 minutes. » Réponse du président du Département, Jean-Pierre Barbier : « Le débat est ouvert avec la préfecture pour la signalisation, mais il est prudent de ne pas envoyer de grands flots de véhicules sur cette route. S’il y avait un accident, on devrait à nouveau tout fermer et repartir du début. Quatre heures de plus quand on vient en vacances ça n’a pas le même impact que lorsqu’on le fait tous les jours. Il faut dire que c’est ouvert et nous avons injecté 300 000 € pour la communication et 100 000 € d’aide aux commerces. Seuls 25 000€ ont été utilisés et le reste de l’enveloppe va être rebasculé sur la communication touristique. »

Caroline Thermoz-Liaudy



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