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3 questions à Laurent Wauquiez, président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes

le 16 mars 2017 - Agnès GIRAUD-PASSOT - Actualités

3 questions à Laurent Wauquiez, président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes
Michel PERES - Région Auvergne-Rhône-Alpes

« Travail détaché, ça suffit ! » Lors de sa visite, lundi, sur le chantier de restructuration du lycée hôtelier de Saint-Chamond, Laurent Wauquiez a réitéré la détermination de la Région de privilégier les entreprises locales.

Quels moyens la Région va-t-elle déployer pour contrôler l’emploi des travailleurs européens détachés en France ?

Lors de l’appel d’offre, la Région demande à chacun de ses fournisseurs et de leurs sous-traitants une déclaration des travailleurs détachés prévus pour la réalisation du chantier. En tant que maître d’ouvrage, elle veille ensuite au respect des contrats qu’elle passe avec les entreprises locales, qui demeurent sa priorité. Une brigade de contrôle se rendra désormais sur l’ensemble des chantiers financés par la Région, afin de contrôler les cartes professionnelles du BTP et la bonne pratique du français. Cette clause de la langue française, mise en place dans plusieurs collectivités et régions de France, s’applique pour garantir la sécurité avant tout. Son infraction engendrera une pénalité de 5 % du montant du marché. Et en cas de travailleurs détachés légaux non-déclarés, la brigade verbalisera les entreprises responsables d’une pénalité de 10 000 €.

Certains corps d’état font appel aux travailleurs détachés parce qu’ils ne trouvent pas de main d’œuvre. Comment leur expliquez-vous ce plan d’action ?

Les économies réalisées sur le train de vie de la Région nous permettent de financer davantage de chantiers. Nous travaillons avec des entreprises locales, en faisant le choix de la qualité et du savoir-faire avant celui du prix. Nous préférons payer 5 % plus cher et être certains d’avoir 100 % de travailleurs locaux. Nous promettons aux entreprises d’obtenir plus de chantiers, aussi, en contre partie, nous leur demandons de ne pas employer de travailleurs détachés. Chacun doit respecter les règles du jeu. Pour cela nous devons valoriser ces métiers qui ont de la difficulté à trouver de la main d’œuvre. Cela s’accompagne par un travail d’orientation des lycéens en les incitant à miser sur les carrières du BTP. Ce sont de très beaux métiers dont l’image a été ternie par le travail détaché. Maintenant ça suffit, tirons la sonnette d’alarme !

Votre volonté est-elle de faire de la région Auvergne-Rhône-Alpes un modèle en matière de lutte contre ces ouvriers venus d’ailleurs ?

Notre pays a perdu ses repères et défendre de telles évidences est devenu difficile. Les Allemands, les Espagnols, les Italiens le font depuis longtemps. Nous devons rattraper notre retard. Mais le gouvernement, qui prétend être contre le travail détaché, met des bâtons dans les roues des élus locaux qui se battent pour faire sortir cette main d’œuvre de nos chantiers. Sortons de cette hypocrisie et démontrons que cela est possible. Ce chantier du lycée hôtelier de Saint-Chamond en est le reflet. En un an, 95 % des chantiers financés par la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour les lycées ont été attribués à des entreprises locales sans aucun travailleur détaché. Je veux donner une préférence aux entreprises régionales et je refuse qu’elles soient en concurrence avec des entreprises polonaises qui n’ont pas les mêmes charges sociales, pas le même code du travail. L’argent public doit conforter les emplois locaux, c’est une évidence.



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