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3 questions à Jean-Christophe Visier, directeur Energie et Environnement du CSTB

le 23 mars 2017 - Jacques DONNAY - Actualités

3 questions à Jean-Christophe Visier, directeur Energie et Environnement du CSTB

Le nouveau label Energie+Carbone- renforce les exigences énergétiques dans l'univers du bâtiment et inclut pour la première fois une composante carbone. Pour Jean-Christophe Visier, il préfigure la réglementation qui succèdera à la RT2012.

Le ministère du Logement vient de créer le label d’État Energie+Carbone-. Qu’est-ce qui a motivé cette initiative et qu’en attendez-vous ?

Le label a été créé en vue de pousser à la réduction des consommations d’énergie et des émissions de carbone dans le secteur du Bâtiment. C’est important, car ce dernier représente 40 % des émissions de gaz à effet de serre. Donc, pour lutter contre le changement climatique, il est essentiel de se pencher sur cette question. Ce label va préfigurer ce que sera la future réglementation qui succèdera à la RT2012. Celle-ci prendra en compte des aspects énergétiques, mais aussi les émissions de gaz à effet de serre. Energie+Carbone- vise à entraîner tout le monde pour définir ce que pourra être cette future codification. Pour l’heure, sa date d’entrée en vigueur n’est pas encore définie ; tout dépendra en fait des autorités politiques qui seront à la tête du pays à l’avenir.

Ce label est-il unique ou prévoit il plusieurs niveaux d’exigences ?

Il prévoit quatre niveaux d’exigence énergie et deux niveaux carbone. Chacun pourra s’emparer des niveaux qui lui conviennent le mieux. Pour ce qui est de l’énergie, les deux premiers niveaux correspondent à de petits progrès par rapport à la réglementation thermique actuelle. Le niveau 3, en revanche, correspond déjà à un grand pas en avant, avec une forte production d’énergie renouvelable sur site, mais pas encore suffisante pour couvrir tous les besoins de consommation du bâtiment. Enfin, le niveau 4 est extrêmement ambitieux. Il vise vraiment l’élite, c’est-à-dire des bâtiments qui vont être extrêmement peu consommateurs et qui vont produire plus d’énergie renouvelable sur le site qu’ils n’en consomment, voire qui interagiront avec un quartier où il y aura aussi de la production d’énergie renouvelable. Cela préfigure un peu ce que pourraient être les bâtiments à l’horizon 2040, alors que les niveaux 1 et 2 correspondent à ce que pourraient être les exigences au terme de 2 à 3 ans. Enfin, en ce qui concerne le carbone, le premier a pour ambition d’apprendre aux professionnels à savoir où passe le carbone dans le bâtiment : dans les fondations, dans la toiture, dans les murs… Le second est dédié aux bâtiments sur lesquels on a déjà fait des progrès sensibles sur ce point. On peut résumer en disant que le premier est pédagogique, alors que le deuxième est performant.

Vous proposez des vidéos pour les professionnels, afin de les aider dans cette démarche de montée en gamme. Est-ce une première ?

Oui, et plus de 6 000 personnes les ont déjà regardées, ce qui prouve que notre démarche est judicieuse. Je considère que c’est un bon moyen pour sensibiliser les professionnels en toute simplicité. Ils peuvent regarder ces vidéos quand ils le souhaitent, par exemple le soir en rentrant chez eux, ou bien quand ils sont en déplacement et qu’ils ont un petit instant. Ce sont des vidéos d’une durée de 5 à 15 minutes. La pédagogie est très importante sur ce dossier, car cette évolution va bien entendu avoir des effets sur le coût de construction, mais elle va également permettre de réduire considérablement les factures d’électricité. Il y a un transfert qui engendre, certes, un investissement de départ plus important, mais avec la certitude de payer moins par la suite.





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